Tous « food » des réseaux sociaux !

Pour beaucoup, c’est le bruit du flash de l’appareil photo, et non plus la formule « bon appétit », qui déclenche le début du repas. Partager le contenu de son assiette est devenu la petite manie du moment. Agaçant pour certain, incontournable pour d’autres, vous n’avez pas fini de saliver devant votre écran…

Exemple de photos que l'on peut trouver sur Pinterest.

Exemple de photos que l’on peut trouver sur Pinterest.

En quelques temps, les réseaux sociaux sont devenus de véritables « buffets à volonté » numériques. Du burger de la dernière enseigne tendance, à la fournée de cookies encore chauds, en passant par la blanquette de veau du dimanche midi, les clichés culinaires dévorent la toile. Facebook, Twitter ou encore Instagram, où dix-neuf millions de photos sont recensées sous le hashtag #food, font partis de ces réseaux qui font saliver. « Une des raisons de cet engouement, c’est la notion de partage. « Voilà ce que j’ai mangé ! » En postant une photo de ce que l’on mange, on interpelle directement les internautes », remarque Jean-Pierre PJ Stéphan, président du Festival International de la Photographie Culinaire. Que ce soit en famille ou lors d’un déjeuner professionnel, un bon moment passe souvent par le fait de partager un repas. « Manger seul n’a aucun intérêt », plaisante même Cyril Benhamou, cofondateur de Food Reporter, réseau social dédié aux photos culinaires et aux recettes en tout genre. Mais le partage n’est peut-être pas la motivation première lorsque l’on montre à ses « amis » ce qu’il y a dans notre assiette. « Je ne suis pas certain que la mise en ligne concerne l’exposition de l’intime. Il me semble que nous sommes plutôt sur la volonté d’exister sous le regard d’une altérité, plus ou moins floue, sur une quête de reconnaissance sociale qui échappe à la vie de tous les jours », indique Jean-Pierre Corbeau, sociologue sur la consommation et l’alimentation.

Dis-moi ce que tu manges…

Sur les réseaux sociaux, le « niveau de vie » transparaît suivant le plat ou la boisson montrée. « Aux 16ème et 17ème siècles, les peintres hollandais et espagnols peignaient ce que leurs clients mangeaient pour représenter leurs richesses », explique Jean-Pierre PJ Stéphan. Rien à changé, aujourd’hui, les internautes préfèrent poster la photo d’un macaron Pierre Hermé, plutôt que celle d’un macaron quelconque. « Parler de ce que l’on mange et de ce que l’on boit, c’est parler de soi, du milieu d’où on vient ou celui qu’on aimerait intégrer». D’après Pierre Mercklé, auteur de « Sociologie des réseaux sociaux », celui qui partage une photo culinaire veut montrer son appartenance, ou, au contraire, sa différence à un milieu social. Cette envie de voir « chez les autres » fait d’ailleurs écho aux émissions télévisées comme MasterChefs ou Un Dîner presque Parfait. Les photos témoignent également des connaissances de chacun. En montrant à ses « friends » que l’on s’apprête à dévorer un « Woopie pie » ou un « Okonomiyaki, on fanfaronne. “« Je connais d’autres cultures que la mienne ! »”, précise Laetitia L., attachée de presse art de vivre. En étudiant cette évolution sociologique, Cyril Benhamou a eu l’idée de créer une réseau social exclusivement consacré à l’univers de la cuisine : Food Reporter.

Hot-dog maison (bientôt sur le blog !)

Hot-dog maison (bientôt sur le blog !)

« Un réseau social dédié à la nourriture »

Quoi de plus pratique que d’évoquer sa passion qu’avec d’autres « foodistas » ? Food Reporter est un réseau social qui rassemble 100 000 utilisateurs actifs. Avec plus de 450 000 photos « culinaires » partagées en un an et demi, le site de Cyril Benhamou est la référence pour tous les amateurs de « food-culture ». Chez lui, pas de « likes ». Les utilisateurs montrent leur intérêt en cliquant sur le bouton « miam ». Grâce à son site, ce « dingue de bouffe » voit apparaître en premier les nouvelles tendances culinaires. Le phénomène #foodporn (hashtag évoquant les aliments visuellement « dégoulinants » et hypers gras) venus des États-Unis, met en exergue de nouvelles obsessions. Le Sunday chocolat-bacon de l’enseigne Burger King ou le donut thé vert-matcha de chez Dunkin Donuts en sont les exemples. « Des recettes existent depuis toujours, mais certaines, plus « en vogue » que d’autres, sont reprises à la sauce des miameurs », observe Cyril Benhamou. Ces modes culinaires se sont démocratisées grâce aux nouvelles technologies. L’iPhone, doté d’un bon appareil photo et de la 3G, est l’un de ces vecteurs de tendances. « Si on avait eu un smartphone et les réseaux sociaux il y a trente ans, on l’aurait déjà fait à cette époque », conclut le jeune patron. « Nous, on a rien inventé, on a juste créé une plateforme pour permettre aux gens d’échanger entre eux ».

Live my Food permet d’aller encore plus loin en permettant aux utilisateurs d’aller « manger chez l’habitant ». Les gastronomes ont enfin la possibilité de se rencontrer. En chair et en os.

(Article écrit pour le site « Ma chaine étudiante ».)

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